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ABUSEURS «   OPINION «   enquête sur l'étique des fonctionnaires (2002) «  

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B. Le mode de gestion et le style de leadership

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Mode de gestion classique Par mode de gestion « classique », il faut entendre un mode de gestion basé sur une relation hiérarchique stricte selon laquelle le supérieur donne des tâches ou des mandats ausubordonné qui doit les réaliser selon les conditions fixées.

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Les témoignages recueillis indiquent de plus que ce style de gestion s'accompagne parfois d'un style autoritaire dans les relations interpersonnelles entre supérieurs et subordonnés : les mandats deviennent alors des ordres et les employés sont invités à obéir sans discuter, sous peine d'être mutés ou réaffectés à d'autres tâches moins intéressantes

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Sur le plan théorique, ce système fait peser uniquement sur le supérieur le poids de la moralité des décisions et des conditions d'action, les subordonnés n'étant que des exécutants,des « soldats » disciplinés. La qualité du jugement moral des supérieurs est donc présumée impeccable.

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Dans un autre cas, une vérificatrice interne découvrit par hasard une fraude organisée par un groupe de cadres, dont deux très hauts placés. C’est sa mémoire phénoménale des chiffres qui lui avait permis de faire cette découverte. Un détective l’aida bénévolement à monter le dossier. Son patron l’appuya, du moins au début de la démarche. Puis il prit peurdes éventuelles conséquences et lui demanda de cesser ses démarches. Furieuse, constatantque les gestionnaires « pourris » allaient s’en tirer, elle prépara une « enveloppe brune » dénonçant la situation dans un texte adressé aux médias. Elle alla jusqu’à la timbrer, mais ne la posta jamais pour les raisons suivantes : 1. Le devoir de réserve mentionné dans le code d’éthique de la fonction publique québécoise, auquel elle croit beaucoup, 2. La crainte du harcèlement psychologique (« on t’enlève tes dossiers, on signe pas tes patentes, on te ridiculise sur ta façon de s’habiller ») qui aurait pu s’ensuivre et contre lequel elle n’aurait eu aucun recours, à la différence des employés de l’administration fédérale dont elle envie la nouvelle loi sur le whistle-blowing,

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Le silence et le secret, associés au « droit de réserve » dans le code d'éthique de la fonction publique québécoise, font aussi partie des dérivés de ce mode de gestion : « ce qu’on appelle laloyauté ... Même la loi prévoit qu’on doit se taire, ne rien dire de ce qu’on a appris dans le cadre de nos fonctions. Alors il y a même une exigence de se taire ; le secret total. Quand quelqu’un dénonce, il sait très bien qu’il va à l’encontre de la loi ; même pas d’un règlement : il va à l’encontre de la loi » (une professionnelle)

l est intéressant de remarquer que le secrétariat du Conseil du Trésor a été plusieurs fois cité comme exemple de ce mode de gestion en raison de sa manière autoritaire, contrôlante et sans transparence de gérer ses rapports avec les ministères, ce qui mine complètement la crédibilité du mode de gestion modernisé et décentralisé qu'il veut faire adopter :

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Selon une cadre supérieure, la modernisation ne va rien changer à la situation, car elle ne fait que renouveler le style de la technobureaucratie :

Je suis catastrophée par l’approche actuelle de l’organisation en ce sens que ce n'est pas ça que j’attendais de la modernisation de la fonction publique. Parce que ce que c’est en trainde devenir une technocratie!

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Un style de gestion renouvelé, plus ouvert à la discussion entre supérieurs et subalternes et à la contestation des premiers par les seconds, est possible,

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