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LA SAAQ et Marisol.L.G «  

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3.2 La SAAQ et ma réadaptation

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La SAAQ a contribuée à mes séquelles

Mon entrée dans le système de santé et de réadaptation fut un moment très difficile pour moi. Je devrai attendre des années avant d’avoir des réponses et pendant ce temps la SAAQ ne me soignera pas convenablement et j’en garderai des séquelles plus sévères dû à ce manque. Aujourd’hui, alors que je suis un peu plus consciente de ce qui m’arrive, je ne m’explique pas pourquoi, je n’ai pas eu d’aide de la part de la SAAQ, dès le départ, puisqu’il était évident que je ne pouvais me débrouiller seule.

Des tonnes et des tonnes de document pour un rien, pour n’importe quoi, je reçu de la SAAQ, je me sentais envahie dans mon espace personnelle, ma vie ne m’appartenait plus.

L’engrenage de la réadaptation qui dura 33 mois, j’ai été bombardée de lettre, de rapport à faire remplir, de documents à soumettre, d’appels à faire, de compte à rendre pour une raison que j’ignorais totalement. Je devais tout documenter, c’était un travail à plein temps.

Le problème dans tout ça, c’est que je ne comprenais pas ce que je lisais, je devais donc faire appel à quelqu’un tous les jours, mais j’était complètement épuisée par les horaires chargées que m’imposait la SAAQ et ce malgré l’avis des médecins traitants.

Tout de suite après mon accident, les médecins et les intervenants à mon dossier, s’apercevait que mes capacités étaient très minimes, je pouvais à peine me concentrer cinq minutes, alors comment aurais-je pu réaliser trois heures consécutives d’ergothérapie et de physiothérapie dans une même journée. Lorsque nous sommes indemnisés par la SAAQ, nous devons nous rapporter à un conseiller en réadaptation, qui nous répète sans cesse de lui faire confiance, que le conseiller est là pour nous aider, et que nous devons le tenir au courant de tout ce qui se passe dans notre dossier médical. Ce qu’on ignore, c’est que ce conseiller peut nous mentir comme il l’entend sous couvert de la SAAQ. Ce conseiller doit en principe tout écrire dans notre dossier, mais en réalité, il n’en est rien. Le conseiller décide d’y écrire ce qui est en faveur de la SAAQ afin d’avoir d’éventuelles preuves que vous allez très bien.

Au niveau des blessures, le tout aurait pu être pire, j’avais des contusions médullaires, soit une atteinte à la moëlle épinière, une fracture ouverte de l’humérus gauche, une atteinte au nerf radial, un pied tombant, une hémiparésie, des troubles cognitifs sévères dû à un traumatisme craniocérébrale, un trouble sévère de l’équilibre, ainsi qu’un syndrome de chutes très prononcé qui plus tard m’amèneras d’autre blessure. Les troubles cognitifs qui sont du domaine neurologique se résumaient entre autres à des troubles de vision, de lecture, d’écriture, de mémoire de compréhension, d’organisation, de concentration, de planification, etc. J’avais la présence d’une hypersensibilité sur tout le côté gauche de mon corps et évidement un choc post-traumatique qui me laissera dans une belle petite bulle de déni durant plus de 4 ans, à croire malgré tout qu’un jour, je retrouverais mes capacités d’auparavant et ce à 110 % rien de moins. Lorsque je parle de déni, je ne parle pas d’un doute ou d’un espoir, je fais plutôt référence à un vrai déni, un déni pur et simple. Ma condition n’existait pas, tout simplement !

Si par exemple on me parlait de mon bras qui semblait tout désarticulé et ce malgré la première opération, qu’on me disait que c’était le mieux que je puisse atteindre. J’entendais plutôt, ton bras est guéri, tout va très bien. Je ne me rendais pas compte des semaines et des mois qui passaient, j’étais dans une bulle ou l’espace-temps n’existe pas, la vie pour moi s’était arrêtée et elle allait m’attendre, je recommencerais alors, le lendemain de mon accident en parfaite forme et tout irait bien. Selon le psychiatre et quelques médecins, c’est une des pires périodes de déni, qu’ils ont pu voir. Lorsqu’on me demandait comment j’allais, je répondais automatiquement : « très bien, merci et vous ? ». J’étais ce que d’autre appelle une personne positive ou totalement absente. J’avais perdu la carte, je ne pouvais même prétendre avoir eu un accident, j’avais eu une mauvaise journée ou un petit incident. Six mois, furent nécessaires pour que l’on réussisse à déplier mon bras gauche et ce dut se faire de la façon suivante. J’étais couchée sur une table et une physiothérapeute se pendait littéralement après mon bras, je gagnais alors un millimètre par semaine environ, mais ma force elle n’est jamais revenue. Aujourd’hui, dans la meilleure des positions mon bras n’atteint toujours pas 0.5 livre de pression, ce qui ne sert pratiquement à rien dans la vie de tous les jours. De plus, je n’ai pas de réflexes donc, si vous me lancez une balle, même si je la vois, je n’ai aucun réflexe pour l’arrêter, je la recevais en plein visage, tout simplement. Mes atteintes au niveau des réflexes sont de nature neurologique. Selon la première neurologue à mon dossier, qui m’a suivie durant 5 années de suite, mes connections seraient mélangées. Donc, les messages ne passent pas du cerveau au corps. De plus, je n’arrive plus à avoir de repères dans bien des situations, comme par exemple : la vitesse d’une voiture qui avance, ou la vitesse où ma tête va frapper le plancher lorsque je tombe. Avec mon syndrome de chutes et sans réflexe de protection vous imagines quels dégâts ont pu faire les chutes dont j’ai été victime par la suite. Commotions cérébrales et autres ont tous laissé leurs traces, au cours des années qui suivirent en réadaptation comme à la maison.

Aujourd’hui, je multiplie encore les blessures, lors de mes transferts et autres. Pour en revenir au bras gauche, qui lui avait enfin déplié, je me suis mise à me plaindre de fortes douleurs au haut du bras ainsi que d’une bosse qui apparaissait tranquillement sur le haut de celui-ci, je pouvais sentir la plaque qui retenait mon bras, qui s’écartait tranquillement mais surement de mon humérus.

(à suivre)

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