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Témoignage de Dany Geoffroy

Carmen Fréchette -- le 6 mar. 2008

La SAAQ n'a toujours pas régler les dettes qu'elle a envers Dany... Entre l'utopie des règlements et lois et la réalité, il y a tout un monde: l'application des lois qui n'est pas fait

Voici le témoignage de Dany.


En septembre 1988, j’avais 15 ans. Je vivais une fin de semaine remplie de joie car à l’école j’avais pu obtenir des changements dans mes cours, ce qui me plaisait beaucoup.
Le samedi soir 24 septembre, j’avais assisté à la danse organisé par la maison des jeunes : le Dôme de Saint-Jean-sur-Richelieu. J’étais accompagné de Philippe un de mes amis de classe. Mon cyclomoteur étant brisé il avait fallut se contenter de nos vélos. La rue était mal éclairée mais mon camarade affirme que nous étions prudents. Nous circulions sur l’accotement de gravier à droite dans le même sens que la circulation et il n’y avait aucun véhicule.


Tout à coup à près d’un kilomètre derrière nous avons entendu une petite camionnette dont le moteur révolutionnait à une vitesse folle et qui devait rouler beaucoup plus rapidement que la vitesse permise qui était de 50Km/h. De plus ce petit pick-up (camionnette) zigzaguait comme une formule 1 qui réchauffe ses pneus avant la course.
À ce moment nous avons décidé de traverser sur l’accotement à gauche pour être le plus loin possible de ce coureur automobile amateur.
L’adolescent qui dit (selon le rapport de police) avoir cherché une cassette de musique tombé sur le plancher de la camionnette prêtée par son père, à perdu la maîtrise de son véhicule. Il est venu nous frapper sur l’accotement à gauche après avoir traversé la rue. Il fonçait à 90 Km/h (selon le rapport de police) dans une zone limitée à 50.


J’ai été frappé le premier et mon vélo a passé sous la camionnette et moi je suis passé par dessus le capot. Après m’être cassé la jambe droite à quatre endroit sur le pare choc, mon crâne a heurté le pare-brise.
Finalement j’ai fait mon baptême de l’air et fait une dizaine de mètres en vol plané avant d’atterrir sur un arbre.
La violence du choc a réveillé le conducteur. Sur son air d’aller, tout en freinant, plusieurs mètres plus loin il a heurté mon compagnon qui est tombé face à terre devant la camionnette. Heureusement celle-ci s’est immobilisé peu avant de lui passé sur le corps.
Les cris de l’adolescent qui conduisait le véhicule ont attiré à l’extérieur plusieurs voisins du quartier qui se demandaient que s’était-il bien passé.. Probablement sous l’emprise du choc, le jeune conducteur nous insultait en nous traitait de tous les noms en criant.
Les curieux, venus voir ce spectacle d’horreur ont d’abord cru que j’étais mort car ma tête était complètement renversé par en arrière. J’ai subit plusieurs fractures. La jambe droite à quatre endroits, deux orteils fracturés, la peau du front et le cuir chevelu déchiré et un traumatisme crânien avec une hémorragie au cerveau.

Nous avons été transporté à l’hôpital du Haut Richelieu en ambulances et j’ai eu le droit de partir du lieu de l’accident en premier. Mon ami Philippe m’a dit que je m’étais réveillé peu après mon arrivé à l’hôpital et que je lâchais des cris de douleur, de quoi traumatiser tout l’étage de l’hôpital. J’ai été transféré moins d’une heure plus tard par ambulance vers l’hôpital Sainte Justine de Montréal.


Quand mes parents sont arrivés à l’hôpital de Saint-Jean-sur-Richelieu les médecins les ont informé de la gravité de mon état en leur disant que mes chances de survie étaient très minces. Rendu à l’hôpital Ste Justine de Montréal les médecins ont commencé à me replacer le cuir chevelu et à couper la peau d’une quinzaine de centimètres de chaque côté de ma jambe droite qui était devenu bleu à cause de l’enflure.
Pendant qu’ils tentaient de m’installer un grand clou dans le tibia droit, car il était impossible de me faire un plâtre, ils s’aperçurent que je débutais une hémorragie au cerveau. À ce moment je dû subir d’urgence une trépanation (trou dans le crâne) pour ensuite me mettre un petit tuyau afin de retirer le surplus de sang causé par l’hémorragie. Quand mes parents sont arrivés, le chirurgien leur a dit que j’avais un risque important de faire des crises d’épilepsie si je survivais.
Après quelques jours dans le coma, je débutais une pneumonie. Ce fut encore une grosse épreuve, et encore plus pour ma famille qui me regardait dans le coma et disait - Allez tousse Dany. Après plus d’une semaine aux soins intensif mes chances de survie commençaient à être plus évidente mais ma peine ne faisait que commencer…

Quinze jours plus tard je m’éveillais au sixième étage, délirant sans cesse, n’écoutant personne. J’étais dans mon monde et je disais plein de choses incohérentes et parfois même méchantes à tout le monde.
Ce sont là mes premiers vagues souvenirs quand on m’avait mit sur un lit de sable pour les grands brûlés afin de supprimer les points d’appuis qui étaient sûrement très douloureux. J’étais très agité et les infirmières m’avaient attaché les poignets et les chevilles avec de petites cordes attachées en nœuds coulants. Je bousculais les infirmières et les insultaient et ils ne se sont pas faite prier pour me régler mon compte. J’avais les mains bleus et mon père voyant cela demanda de me faire détacher. La nuit suivante qu’ils m’avaient détaché je rêvais que j’étais sur un train et que je sautais en bas pendant qu’il roulait. « Boum » La douleur affreuse que j’ai subit en tombant par terre alors m’a réveillé. Résultat : la jambe re facturée, car j’étais tombé en bas du lit de sable qui était très haut.

Un bon matin, après plus de trois semaines, je me réveille dans mon lit en position fœtale me demandant bien ce que je pouvais faire là. Ma mère, qui n’était pas très loin, est venue toute heureuse de constater que j’étais conscient pour m’expliquer l’accident. Le soir venu j’avais constaté avec quel désintéressement les infirmières s’occupaient de moi. Je suppose que c’est à cause du mauvais traitement que je leur avais infligé lors de mes moments moins présents. Je demandais alors à une infirmière si elle pouvait m’apporter la bassine pour que je puisse uriner. Mais d’un ton ricaneur elle me dit " je m’en vais à ma pause tu devras attendre après ". Mais sa pause s’étant éternisé j’ai dû uriné dans mon lit. Lorsqu’elle est revenue quarante-cinq minutes plus tard, elle m’engueula abondamment et me bouscula pour ensuite faire changer mon lit par la préposée.


Au fil des jours couché, j’ai développé une plaie de lit derrière la tête qui se présentait comme une énorme gale ronde de quatre centimètres de diamètre. L’infirmière me l’a arraché avec un peigne et je suis resté avec un cercle sans cheveux derrière la tête qui n’a jamais repoussé, peut-être n’avait-elle aucune autre solution.
Les semaines passaient, puis un mois, puis quarante cinq jours et j’avais toujours d’affreuses crampes dans les pieds. Comme des aiguilles brûlantes qui me piquaient les pieds et je lâchais alors des cris de douleur atroce et j’entendais les infirmières discuter entre eux de moi comme d’un timbré ou un jeune homme en manque d’attention.
Un bon matin un médecin décide de me faire passer un examen en médecine nucléaire pour mes pieds. Ils m’ont alors injecter un produit radioactif dans le sang et ensuite regardé mes pieds avec un équipement spécialisé. Ils comprirent, le sang ne se rendait pas dans mes pieds, ils ont ensuite diagnostiqué une dystrophie réflexe à mes deux pieds. Le médecin m’a prescrit du Tenormin un médicament qui dilate les vaisseaux sanguins. J’ai commencé pratiquement immédiatement à moins souffrir aux pieds et à marcher avec des béquilles.

Moins d’une semaine plus tard j’avais mon congé de l’hôpital et cela coïncida avec le début de mes migraines et crises d’épilepsie.
Moins de deux semaines plus tard je recommençais l’école à la polyvalente mais je circulais difficilement avec des béquilles et un bandage autour de la tête à cause de ma plaie de lit.
J’avais beaucoup de difficulté à me concentrer à l’école et je débutais des crises d’épilepsie simple et mes camarades ainsi que les professeurs commencèrent à me prendre pour un déséquilibrer total.

Comme si tout n’allait pas assez mal, les amis du gars qui m’avait frappé avec la camionnette, m’insultaient abondamment à haute voix à chaque fois que je les croisais dans les corridors.Un avant midi, pendant un changement de cour, quelqu'un(S ?) me donna un coup derrière la tête et cela me fit perdre ma casquette et mon pansement derrière la tête, ensuite je reçus des coups dans le dos. Je me retrouvé face par terre et je fus rué de coup de pieds devant la cafétéria, là ou il y avait foule. Je n’ai jamais pu identifier le ou les agresseurs qui ont pris la poudre d’escampette et personne n’a semblé avoir vu quelque chose.

Je vécu à ce moment un découragement énorme qui me força à quitter définitivement la polyvalente pour ne plus jamais y retourner.


Après les vacances des fêtes et quelques semaines de repos je m’inscrivis à l’éducation aux adultes. À cause de mes crises fréquentes de migraines et d’épilepsie simple partielle on me prit encore une fois de plus pour un déficient. C’est dû en plus au fait que je vis du découragement et je pleure souvent. Cela me vaut des remarques des professeurs du genre que je serais plus à ma place dans une école spécialisée pour les handicapés. Je réussis en quelques semaines à terminer mon secondaire en anglais et je quitte l’école sans terminer les autres matières.


Je vais passer des expertises à l’hôpital Marie enfant de Montréal référé par un docteur et on m’offre bizarrement d’y être hospitalisé à temps plein et d’y vivre en permanence, ce que je refuse.
Je deviens de plus en plus irritable à un tel point que durant une expertise pour la RAAQ avec un docteur en psychologie à l’hôpital marie enfant. Celui-ci est terriblement poilu et je lui fais la remarque que ça lui prendrait sûrement deux billets pour aller au zoo…
La remarque n’a pas été appréciée. La RAAQ (maintenant connu sous le nom de la SAAQ) a immédiatement coupé tout les frais de même que ma physiothérapie. Du même coup mon physiothérapeute a tenté de me collecter les frais car l’assurance n’a jamais plus rien payée.

J’ai terriblement mal à ma jambe droite et dans mon cou. Une bosse en os commence à pousser devant mon tibia vis-à-vis la fracture du bas. Je vais consulter les médecins à l’hôpital Sainte Justine et on me dit après plusieurs examens qu’à cause d’une plaque de croissance brisée mon péroné continu de grandir mais que mon tibia ne grandit plus. Alors la fracture du bas de mon tibia n’arrive plus à se ressouder et c’est pour cela que j’ai terriblement mal et qu’une bosse d’os pousse devant mon tibia. On m’apprend également que si les médecins ne coupent pas mon péroné au plus tôt (l’os d’à côté qui continu à pousser) la douleur et la bosse augmenteront. Je retournai donc en salle d’opération pour un court séjour afin de raccourci mon péroné.

À seize ans et un mois j’obtiens mon permis de conduire et m’achète ma première voiture avec les deux milles deux cent dollars que l’assurance auto du Québec me donne pour mes séjours à l’hôpital mais certain jour je ne pouvais même pas sortir car j’avais honte de moi et de mes crises d’on je ne comprenais pas le sens.

Je décide plus tard de tenter de travailler. Je réponds à une annonce comme vendeur itinérant à Montréal. Je débute alors ce travail qui me demande énormément car je dois marcher beaucoup. Dans la vente les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Des jours où je vendais beaucoup je me sentais motivé et des semaines où je vendais moins je déprimais et plus rien n’allait.

Après que j’ai fait des crises où je ne pouvais pas travailler pendant plus de trois jours, je revenais au travail déprimé et très affaiblit et j’annonçais à mes employeurs mon départ. Je fis un genre de déprime à chaque fois qui s’éternisait plusieurs semaines. Je recommençais à me chercher du travail après quelques temps. Je travaillais parfois péniblement pendent quelques semaine pour ensuite faire d’autres crises qui me fait manquer quelques jours oblige les employeurs à engager quelqu’un d’autre et parfois d’en profiter pour faire disparaître des heures sur ma paye. Le moral me quitte à chaque fois.

Je rencontre des filles ici et là et tente d’avoir des relations de couple mais lorsque je fais des crises elles me croient complètement timbré et m’abandonne. Je vis alors de la peine et du mépris envers moi-même et comme dans plusieurs de ces moments je me demande si un jour tout ira pour le mieux où bien si je n’ai plus rien à espérer de la vie qui ne sera qu’un éternel combat inutile.

Je retourne voir un médecin spécialisé à l’hôpital Sainte Justine pour savoir si il est possible de me faire rallonger ma jambe droite qui est deux centimètres plus courte.
Le médecin, qui ne veut pas, me dit qu’elle n’est pas plus courte et que c’est une illusion d’optique. Je dois quand même mettre une prothèse sous mon talon afin d’avoir moins mal au dos. C’est aussi des médecins du même hôpital et du même département qui ont dû me raccourcir la jambe…

Je vais terminer mon secondaire V par une équivalence à la polyvalente Chanoine Armand Racicot de Saint-Jean-sur-Richelieu chez moi ça vas un peu mieux. J’ai tenté ensuite de retourner aux études à temps plein au collégial après deux mois sans crises je me croyais guérit... Mais au CEGEP de St Jean après trois semaines, une autre crise et trois jours d’absences. Lors de mon retour j’étais si fatigué et certains cours étaient tellement avancés que je n’arrivais plus à suivre et découragé j’abandonnais. Encore des semaines de déprime, plus rien ne va.

Je tente de retourner au travail mais je retombe malade encore et aucun médecin ne veut poser de diagnostiques à part du genre crise de panique sans agoraphobie jamais rien de positif pour qu’au moins je puisse y comprendre quelque chose.
Je me fais prescrire des antidépresseurs des somnifères et plusieurs sortes de médicament qui ne font que me paralyser, m’endormir et ne réduisent en rien mes crises qui me font souffrir dans tout les sens.

Je m’inscris dans un DEP à la polyvalente de St Jean en coiffure, je croyais à l’époque que c’était un moyen de m’en sortir. Après plus d’une quarantaine de jours je fais une crise et les professeurs ont crus que j’étais sous l’effet de la drogue et ils me délaissaient seul dans un coin face au mur à part des autres. Je suis devenu en colère et j’ai quitté le cours pour m’inscrire à une école privé de coiffure. Je vivais les mêmes problèmes de santé mais ceux-ci étaient tolérés par l’école privée car je faisais du temps supplémentaire en coiffant des clients de l’école le soir.

Mais ce n’était plus aussi bien toléré sur le marché du travail par des employeurs qui en demandaient toujours plus. Je quittais alors la coiffure avec le cœur gros.

Depuis le début je donne mon dossier d’accident à des avocats qui voient ma cause très intéressante au début et qui après quelques mois disent ne plus avoir de temps et d’autres excuse de ce genre. Ils finissent par me dire de me trouver un autre avocat. Un bon jour je deviens membre d’une association de victime de la route. On me réfère à un avocat qui semble trouver ma cause intéressante. Pourtant un peu avant de passer à la commission des affaires sociales, il dit ne plus avoir le temps pour me défendre et passe mon dossier à sa conjointe qui dit être une excellente avocate. Je n’en fais pas cas et passe à la commission des affaires sociales avec elle. Elle semble complètement désintéressée et pressé de terminer, elle défend ma cause comme avec du dédain et en plus elle m’emprunte dix dollars pour payer son stationnement qu’elle ne m’a jamais remis !

Je reçois quelques temps plus tard le résultat de l’audition qui refuse ma cause dans un rapport qui suppose plutôt des crises de paniques sans agoraphobie.
Mais je continu à prendre pendant sept ans les médicaments (tégrétol) que le médecin engagé par l'avocat pour l’expertise m’avait prescrit. Il supposait que je faisais des crises d’épilepsie simple partielle et dans le rapport de la commission des affaires sociales les médecins de la partie adverse ont dis que le docteur Christophe Nowakovski engager pour l’expertise par mon avocat connaissant mal ce domaine qui n’est pas le siens et ne devrait pas se prononcer.

Les médicaments m’aidaient un peu mais avaient plusieurs effets secondaires; ils me rendaient amortis et me ralentissaient. J’avais la sensation d’être toujours dans la brume et je pouvais dormir des douze heures en ligne sans même me lever pour aller à la toilette. En plus, les médicaments faisaient pourrir mes gencives et j’avais toujours mal dans la bouche après deux ans de cette médication.
Après avoir cessé ces médicaments, sept ans après avoir commencé, un médecin me prescrit une autre sorte. Mais je me remets à faire des crises de plus belle et je décide d’arrêter totalement les médicaments.

Je me mets alors à faire des crises périodiquement aux cinquante jours approximativement. Comme souvent auparavant lors de mes migraines, je me rend à l’hôpital où on m’injecte un produit intraveineux qui réduit la douleur à la tête mais qui sur le coup me rend tendu à un point tel que j’ai envie de mourir. Je travaille encore à plusieurs endroits différents dans différents métiers. Chaque fois que mes absences ne sont plus tolérées, je quitte avec le cœur remplis de désespoir à un point tel que la raison de vivre n’est plus.

Un début d’après midi le 27 septembre 2002 au mois de septembre peu après le dîner où je me sentais réellement pas bien, je me plaint à ma blonde que c’est (la crise) rendu à un point souffrant que je n’ai jamais atteint. J’étais debout dans le salon chez moi. Un mal de tête des mauvais feelings et de l’angoisse depuis plusieurs heures. Un mal de tête qui devient encore plus insupportable et intense, ma respiration s’accélère je me dirige vers le canapé je m’y allonge en me plaignant que je me sentais vraiment pas bien et trois secondes et je part en convulsion et tombe ensuite par terre. Ma blonde m’a dit que j’ai lâché un cri assez fort avant de partir dans les vaps. Il paraît qu’après que je suis tombé par terre j’ai eu quelques minutes de convulsions et puis pouf, je suis devenu raide comme une barre. Je me suis mordu la langue et au moment où je ne bougeais plus du sang s’écoulait de ma bouche.

Je me réveille après plus de dix minutes complètement perdu ne sachant plus où j’étais. Je me fais transporté en ambulance à l’hôpital et on me renvoie chez moi sans aucun test. Je reçois quelques temps plus tard une facture de 144$ que je n’ai pas perdu mon temps à envoyer la facture à la SAAQ qui ne voudrait pas me rembourser.

Après pendant trois jours j’ai des étourdissements et de graves pertes de mémoire. Comme si tout n’allait pas assez mal, je me mets à réfléchir aux injustices du passé + les moyens supplémentaires de me limiter sur le marché professionnel.

Je retourne sur le marché du travail et ne parle pas à mon employeur de fait que je sais maintenant que je suis probablement épileptique. Je décide d’en parler (maladroitement) a un employé de l’agence qui lui raconte tout dans sa propre version. Il (le patron) changea d’attitude en se comportant d’une façon détachée et dure. Il avait aussi raisons de ne plus sympathiser avec moi, du fait que je lui avais fait des cachotteries. Lorsque je dû quitter à cause d’une autre crise et ensuite définitivement à cause de la suspension de mon permis de conduire, il garda deux semaine de salaire que j’ai été obliger de chercher avec l’aide d’un agent de la commission des normes du travail.

J’ai enfin fini par rencontrer un physiatre et après quelques minutes d’examen, il a diagnostiqué plusieurs problèmes à mon cou. Il m’a dit que je faisais de l’arthrose et m’a prescrit de la morphine pour un an à l’avance ainsi que plusieurs séances d’injection de cortisone. Une lettre envoyée par la SAAQ l’hivers dernier m’interdisait de conduire un véhicule automobile à cause de l’épilepsie. Dans la lettre que j’ai eu beaucoup de difficulté à recevoir en réponse d’une demande de réouverture du dossier on m’annonçais que mon dossier ne serait pas ré ouvert, que j’avais été jugé en 1994 pour allégation d’épilepsie et de me référer au jugement de la commission des affaires sociale qui dit que je souffre de troubles de la personnalité.

Les emplois que je n’ai pu garder, les blondes qui se poussaient de moi comme le bossu de Notre-dame, les amis que je ne pouvais pas suivre faute d’argent, ceux qui avait honte de moi et ceux qui aimablement me parlait comme un déconnecté de la réalité plus rien n’est possible comme avant l’accident. Les centaines de fois que j’ai visité les urgences là où on me renvoyait chez moi plusieurs fois avec mes souffrances sans rien me donner, les cours que je n’ai pu suivre (au CEGEP, DEP, etc.…), les emplois que j’ai perdu (plus d’une trentaine). Les milliers de kilomètres que j’ai fait pour me déplacer vers les professionnels de la santé qui soulageaient mes douleurs temporairement et parfois pas du tout. Tous les députés provinciaux que j’ai rencontré, il y en a même un qui m’a amené manger au restaurant pour me dire qu’il ne pouvait rien pour moi. Toute cette haine accumulée qui me fait faire des cauchemars toutes les semaines depuis plus de quatorze très longues années. Et surtout le sentiment de se faire prendre pour un idiot quand on en parle à des gens qui n’en croit rien.
J’ai reçu moins de vingt mille dollars en tout de l’assurance, j’aurais reçu plus pour la même période sur l’aide sociale. Mon désespoir est grand …


Y aurait-il quelqu’un qui veut m’aider à m’en sortir car malgré le désespoir, le besoin de justice est toujours dominant.


Carmen Fréchette -- le 6 mar. 2008